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« Vous m'entendez ? » : l'appel qui cherche à vous faire dire « oui »

Un appel commence par « Vous m'entendez ? » ou « Vous êtes bien monsieur ou madame... ? ». La rumeur dit qu'un « oui » enregistré suffit à vous engager. Ce qui est vrai, ce qui ne l'est pas, et comment répondre à un appel suspect.

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« Vous m'entendez ? » : l'appel qui cherche à vous faire dire « oui »

Vous décrochez et une voix demande : « Allô, vous m'entendez ? » ou « Vous êtes bien madame Dubois ? ». Puis un silence, ou la ligne coupe. Depuis quelques années, un avertissement circule : ces appels serviraient à enregistrer votre « oui » pour vous faire souscrire un contrat ou valider un paiement. La réalité est plus nuancée. Le risque existe, mais il n'est pas toujours là où on le croit.

En quoi consiste l'appel du « oui » ?

L'appel commence par une question à laquelle on répond naturellement « oui » : « Vous m'entendez ? », « C'est bien vous, le titulaire de la ligne ? », « Vous êtes le responsable du contrat d'énergie ? ». Il peut s'agir :

  • d'un robot qui vérifie que votre numéro est actif et qu'une personne décroche ;
  • d'un démarcheur agressif qui enchaîne ensuite sur une offre ;
  • d'un escroc qui cherche à collecter votre voix ou vos données.

Est-il vrai qu'on peut souscrire à mon nom avec un « oui » enregistré ?

Un simple « oui » sorti de son contexte ne suffit en principe pas à prouver un contrat. Pour un contrat conclu à distance, le professionnel doit pouvoir démontrer votre consentement et vous fournir les informations obligatoires, et vous disposez en règle générale d'un délai de rétractation de 14 jours. En cas de litige, c'est au professionnel de prouver ce que vous avez accepté.

Cela dit, un « oui » peut être utilisé pour faire pression : « vous avez accepté au téléphone, vous devez payer ». Ne vous laissez pas impressionner et demandez toujours le contrat écrit.

Alors, quel est le vrai risque ?

  • Votre numéro est confirmé comme actif, ce qui vous expose à davantage d'appels et de SMS frauduleux.
  • Votre voix peut être enregistrée. Quelques secondes d'audio suffisent aujourd'hui à certains outils d'IA pour imiter une voix, ce qui alimente l'arnaque au faux proche.
  • La conversation peut glisser vers vos données personnelles : nom, adresse, numéro de compte, code EAN de votre compteur, numéro national. Ce sont ces données, bien plus que le « oui », qui permettent les fraudes et les changements de contrat non sollicités.

Comment répondre à un appel suspect ?

  1. Laissez parler l'appelant en premier, ou répondez par une formule neutre : « Qui est à l'appareil ? », « De la part de qui ? ».
  2. Ne confirmez ni votre identité ni vos données. Un interlocuteur légitime sait qui il appelle et pourquoi.
  3. Ne vous engagez à rien par téléphone. Demandez une offre écrite.
  4. Raccrochez si l'appel est muet, insistant ou flou.
  5. Rappelez l'entreprise à son numéro officiel si vous voulez vérifier.

Et si j'ai déjà répondu ou donné des informations ?

  • Si vous avez simplement dit « oui », ne paniquez pas. Restez attentif à vos factures et à votre courrier dans les semaines qui suivent.
  • Si un contrat arrive alors que vous ne l'avez pas voulu, contestez-le par écrit auprès de l'entreprise et exercez votre droit de rétractation dans le délai. Signalez la pratique au SPF Économie via ConsumerConnect.
  • Si votre fournisseur d'énergie ou votre opérateur a été changé sans votre accord, contactez votre ancien fournisseur et le service de médiation compétent.
  • Si vous avez donné des données bancaires, appelez votre banque au numéro au dos de votre carte.
  • Si vos données personnelles sont utilisées de façon abusive, l'Autorité de protection des données peut vous informer sur vos droits.

Comment réduire ces appels ?

  • Inscrivez votre numéro sur la liste « Ne m'appelez plus », en appelant le 02 882 19 75 depuis ce numéro : elle permet de refuser le démarchage téléphonique commercial. Elle ne bloque pas les escrocs, mais réduit les appels des entreprises qui respectent la loi.
  • Bloquez les numéros insistants sur votre GSM et utilisez une appli de filtrage comme NoCall.
  • Signalez les numéros dans l'annuaire des numéros spam.

Questions fréquentes

Faut-il ne jamais dire « oui » au téléphone ? Inutile de devenir paranoïaque. Ce qui compte, c'est de ne confirmer aucune donnée et de ne s'engager à rien lors d'un appel non sollicité.

Ils ont raccroché tout de suite : que voulaient-ils ? Probablement vérifier que le numéro est actif. Bloquez-le et signalez-le.

Le démarchage téléphonique est-il interdit en Belgique ? Non, mais il est encadré, et vous pouvez vous y opposer en vous inscrivant sur la liste « Ne m'appelez plus ».

En résumé

Le danger n'est pas tant le « oui » que ce qui suit : vos données, votre voix, un contrat que vous n'avez pas voulu. Laissez l'appelant se présenter, ne confirmez rien, demandez un écrit et signalez les numéros suspects sur NoCall.

É
Par Équipe NoCall
Rédaction NoCall
4 min de lecture
#vous m'entendez#arnaque au oui#enregistrement vocal#vishing#clonage de voix#démarchage téléphonique

Sources et vérification

Vérifié:

La numérotation, les outils des opérateurs et les procédures de signalement peuvent changer. Vérifiez les démarches sensibles auprès de l’autorité officielle indiquée en lien.

Détails de l'article

Contenu éditorial révisé par NoCall avec un contexte pratique pour repérer les appels et messages suspects.

Auteur: Équipe NoCall4 min de lecture

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